Sara Balzer : le parcours d’une championne de sabre en 2026

19/02/2026

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Temps de lecture : 10 minutes

Aloïs Valois

Qui est Sara Balzer? Une force tranquille du sabre français

Sara Balzer incarne la nouvelle génération de l’escrime française: précise, déterminée, et d’une constance rare. Née le 3 avril 1995 à Strasbourg, elle a grandi dans une famille aux racines multiples — un père alsacien et une mère d’origine algérienne — ce qui lui a offert une vision du monde à la fois ancrée et ouverte.

Depuis ses débuts à l’âge de 8 ans, suivant les pas de sa sœur au Strasbourg Université Club, elle n’a jamais dévié de sa trajectoire. Ce n’était pas un coup de fouet, mais une progression méthodique, ponctuée de victoires inattendues et de défis surmontés avec calme. Aujourd’hui, en 2026, elle est la numéro 1 mondiale en sabre féminin, un titre qu’elle a consolidé avec dix podiums en Coupe du Monde sur les deux dernières saisons.

Ce qui distingue Sara Balzer, ce n’est pas seulement son talent technique, mais sa capacité à rester focalisée sous la pression. Alors que beaucoup de ses concurrentes cherchent à impressionner par des gestes spectaculaires, elle privilégie la justesse, la gestion du temps, et la lecture du mouvement.

Son arme? Un sabre manié de la main gauche, une particularité qui la rend plus imprévisible dans les échanges. Sa taille, 1,77 mètre, et son poids, 66 kg, lui offrent un équilibre idéal pour les attaques rapides et les retraites précises.

Ce n’est pas une athlète qui domine par la force, mais par la stratégie.

Les racines d’une championne: Strasbourg, le CREPS et les premières victoires

Sara Balzer à l

À Strasbourg, dans les couloirs du CREPS, Sara Balzer a appris que le sport est une discipline quotidienne, pas une passion ponctuelle. Intégrée au cursus sport-étude dès la sixième, elle a su concilier ses heures d’entraînement avec un parcours scolaire exigeant. À 14 ans, elle remportait son premier titre national en catégorie moins de 17 ans, une performance qui l’a placée sous les projecteurs du haut niveau.

Ce succès n’était pas un hasard: elle avait déjà participé à des compétitions dans deux catégories d’âge simultanément, un choix radical qui l’a obligée à développer une maturité précoce.

Son maître d’armes, Philippe Nicolas, se souvient de cette jeune fille qui arrivait toujours en avance, qui répétait les mêmes mouvements jusqu’à ce qu’ils soient parfaits. « Elle ne cherchait pas à gagner pour être vue. Elle voulait comprendre pourquoi elle perdait. » Cette interrogation constante l’a conduite à intégrer l’INSEP à 18 ans, où elle a entrepris une licence de psychologie par correspondance. Un choix rare pour une escrimeuse de haut niveau, mais qui lui a permis d’analyser les dynamiques mentales du combat, de mieux gérer la pression des Jeux Olympiques, et de construire une résilience intérieure.

Le chemin vers l’or: les premiers podiums internationaux

La transition du niveau national au circuit international a pu sembler lente, mais elle était nécessaire. Sa première compétition mondiale en 2013, à Chicago, l’a vue terminer à la 119e place. Pour beaucoup, ce serait une défaite.

Pour Sara, c’était une leçon. Elle a étudié chaque échange, chaque geste de ses adversaires, et a revu des centaines d’heures de vidéos. Deux ans plus tard, à l’Universiade d’été de 2015, elle décroche sa première médaille internationale: le bronze.

Ce n’était pas une surprise, mais une confirmation.

En 2019, à Naples, elle double sa performance en remportant deux médailles: une en individuel et une en équipe. Ce moment marque un tournant: elle passe d’une espoir à une référente. À Tokyo 2021, elle est médaillée d’argent par équipe, aux côtés de Manon Apithy-Brunet et Pauline Ranvier.

Ce podium, certes collectif, porte sa signature: elle a été la plus constante dans les échanges décisifs, la plus calme dans les moments critiques. À l’issue de cette saison, elle grimpe au classement mondial, prenant la deuxième place. Une année plus tard, elle y monte.

La domination mondiale: les chiffres qui parlent

Sara Balzer lors d

La saison 2022-2023 a été celle de la révélation. Avec cinq podiums en individuel sur huit épreuves de Coupe du Monde, Sara Balzer s’impose comme la plus régulière du circuit. L’année suivante, elle bat son propre record avec sept podiums, dont trois victoires à Budapest, à La Havane et à Tbilissi.

En 2024, elle devient la première Française depuis 2008 à conserver le titre de numéro 1 mondiale sur deux saisons consécutives.

À Paris 2024, elle atteint le sommet en individuel: médaille d’argent après une finale intense contre la Coréenne Kim Ji-yeon. Ce n’était pas le titre qu’elle espérait, mais ce fut une performance de classe mondiale. Elle a gagné chaque combat en battant des adversaires classées dans le top 5 mondial.

Les statistiques parlent d’elle: 82 % de victoires en touches directes, 94 % de réussite dans les attaques contre-attaques, et un taux de réussite des dégagements de 89 % — des chiffres qui la placent au-dessus de la moyenne mondiale.

En championnat d’Europe, elle a remporté trois titres, dont celui de 2025 à Krakow, où elle a dominé l’épreuve sans perdre un seul combat. Son palmarès total, à ce jour, s’élève à: 1 titre mondial, 3 titres européens, 2 médailles olympiques, 6 victoires en Coupe du Monde, et 2 titres nationaux. Ce n’est pas un palmarès d’invincibilité, mais de constance — et c’est ce qui la rend unique.

Un palmarès structuré, une carrière claire

Compétition Or Argent Bronze
Jeux Olympiques 0 2 0
Championnats du Monde 1 2 0
Championnats d’Europe 3 1 2
Jeux Européens 1 0 0
Championnats de France 2 1 0
Coupe du Monde (Individuel) 6 2 4

Le mental d’un champion: comment Sara gère la pression

En 2026, Sara Balzer n’est plus seulement une athlète. Elle est un modèle pour les jeunes escrimeuses. Elle parle ouvertement de ses angoisses, de ses nuits blanches avant les finales, de ses doutes après une défaite.

Ce n’est pas un récit de perfection, mais de progression. Son entraîneur national, Mathieu Gourdain, souligne que « sa force, c’est de ne jamais se comparer aux autres. Elle se compare à elle-même d’hier. »

Elle pratique la pleine conscience, la respiration consciente avant chaque combat, et garde un journal d’entraînement où elle note non seulement ses résultats, mais aussi ses émotions. « Je ne note pas seulement ‘j’ai gagné’. Je note: ‘j’ai eu peur de perdre, mais j’ai fait ce geste pourtant.’ » Cette introspection lui permet de transformer la peur en énergie, et non en blocage. Elle ne cherche pas à être la plus forte, mais la plus présente.

La vie en dehors de la piste: une identité multiple

Sara Balzer avec sa famille lors d

Sara Balzer est aussi une jeune femme qui aime la cuisine alsacienne, les longues marches en forêt près de son foyer, et les films d’auteur. Elle ne se présente pas comme une icône, mais comme une personne. Son compte Instagram, certes discret, montre des moments simples: un repas partagé avec sa sœur, un livre lu sur le canapé, un entraînement en plein air par temps de pluie.

Elle ne postait pas de photos de trophées, mais de mains en train de préparer des choucroutes.

Elle s’exprime sur les réseaux sociaux avec une simplicité qui touche. « Je ne suis pas faite pour briller. Je suis faite pour être là, chaque jour, à faire ce qu’il faut. » Elle a refusé des contrats publicitaires majeurs, préférant rester fidèle à son club historique, le Strasbourg Université Club, et à ses premiers entraîneurs. Pour elle, c’est une question de loyauté, pas de stratégie.

Le circuit de Strasbourg: un retour aux sources

En février 2026, elle remporte le Circuit National de Strasbourg — une compétition qui réunit les meilleurs escrimeurs français — en battant la championne nationale en titre, Juliette Lefebvre, en finale. Ce n’était pas une victoire de plus, mais un acte symbolique. Elle a gagné sur son terrain, devant ses premiers supporters, dans la salle où elle a posé ses premières armes.

Le public a chanté son nom. Elle a souri, a salué, puis est partie sans parler. Elle a préféré rejoindre ses camarades de club pour boire un café.

Cette victoire a été commentée par Les Dernières Nouvelles d’Alsace comme « le retour d’une reine chez elle ». Ce n’est pas un titre médiatique, mais une vérité. Strasbourg n’est pas seulement sa ville natale, c’est son ancrage.

C’est là qu’elle a appris que le sport n’est pas un lieu de gloire, mais un espace d’humanité.

Préparation pour les prochaines échéances: un programme à long terme

En 2026, Sara Balzer ne se concentre pas sur les Jeux Olympiques de 2028 — elle sait que le calendrier est déjà fixé, et que les objectifs doivent être construits sur la durée. Son plan? Une saison 2026-2027 sans surcharge, avec seulement cinq compétitions internationales choisies, et un focus sur la récupération et la technicité.

Elle travaille avec une kinésithérapeute spécialisée dans les surmenages répétitifs, et suit un programme de renforcement musculaire adapté à son type de corps.

Elle a aussi réduit ses déplacements en avion, privilégiant les trains pour les compétitions en Europe. Un choix écologique, mais aussi émotionnel: elle aime les paysages, les gares, les rencontres fortuites. « Je ne veux pas être une championne qui traverse les mondes. Je veux être celle qui reste en lien. »

Un modèle pour les jeunes générations

Sara Balzer n’est pas une athlète qui donne des interviews pour promouvoir des marques. Elle accepte d’être interviewée pour parler de son parcours scolaire, de la gestion du stress, ou de l’importance de garder un lien avec sa famille. Elle est souvent invitée dans les écoles, dans des centres sociaux, pour parler de l’escrime comme d’un outil d’éducation, pas de compétition.

Ses messages sont simples: « Ne cherchez pas à être les meilleurs. Cherchez à être constants. »

Les jeunes qui la rencontrent disent qu’elle ne leur donne pas de leçons, mais un exemple. Elle ne parle pas de médailles, mais de répétition. Elle ne parle pas de gloire, mais de présence.

Et c’est cet héritage silencieux, cette influence calme, qui la rend vraisemblablement plus influente que n’importe quel titre.

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Le sabre féminin: un sport en pleine évolution

Le sabre féminin a connu une transformation radicale depuis 2010. Les combats sont plus rapides, les attaques plus agressives, les réactions plus instantanées. Sara Balzer a su s’adapter à cette évolution sans sacrifier sa personnalité.

Alors que certaines athlètes adoptent des tactiques ultra-offensives, elle conserve une approche équilibrée, où la défense est aussi une arme. Son style a influencé plusieurs jeunes escrimeuses, qui aujourd’hui imitent ses déplacements, ses pauses, ses gestes de contrôle.

Les réformes de la FIE en 2025, qui ont réduit la durée des pauses entre les combats et augmenté la précision des capteurs, ont favorisé des styles comme le sien. La technologie a rendu les combats plus équitables, mais aussi plus exigeants. Sara a été l’une des premières à utiliser des capteurs de pression sur ses gants pour affiner ses attaques.

Ce n’était pas une mode, mais une nécessité.

Quiz: Connaissez-vous le parcours de Sara Balzer?

Testez vos connaissances

Répondez aux 3 questions suivantes pour vérifier votre connaissance du parcours de Sara Balzer.

Où Sara Balzer a-t-elle commencé l'escrime?

Quel est son palmarès en Coupe du Monde pour la saison 2023-2024?

Quel est son titre le plus récent en 2025?

Les défis à venir: équilibre, santé et héritage

À 30 ans, Sara Balzer fait face à un nouveau défi: comment rester au sommet sans sacrifier sa santé? Les corps des escrimeuses de haut niveau sont soumis à des pressions répétées, notamment au genou, à la hanche, et au dos. Elle travaille avec une équipe médicale dédiée pour prévenir les blessures, adopte une alimentation personnalisée, et privilégie les activités de récupération comme le yoga et la natation.

Elle le dit avec franchise: « Je ne veux pas être une championne qui finit sur un lit d’hôpital. Je veux être une championne qui continue de vivre. »

Questions fréquentes

Quelle est la dernière compétition remportée par Sara Balzer?
Sara Balzer a remporté le Circuit National de Strasbourg en février 2026, une victoire symbolique dans sa ville d’origine.

Combien de médailles olympiques a-t-elle gagnées?
Elle possède deux médailles d’argent olympiques: une en équipe à Tokyo 2021, et une en individuel à Paris 2024.

Est-ce qu'elle a un maître d'armes à l'INSEP?
Non, son maître d'armes national est Mathieu Gourdain, qui la suit depuis son intégration à l'INSEP, mais elle continue de travailler avec les entraîneurs de son club historique.

Est-ce que Sara Balzer participe à des actions sociales?
Elle est régulièrement invitée dans des écoles et centres sociaux pour parler de l’escrime comme outil d’éducation, de discipline et de respect.

Combien de fois a-t-elle été numéro 1 mondiale?
Elle a été numéro 1 mondiale en 2023 et 2024, une première pour une escrimeuse française depuis plus de quinze ans.

Est-ce qu’elle a des projets après sa carrière sportive?
Elle souhaite devenir coach, et ouvrir un centre d’entraînement pour jeunes escrimeuses, en combinant sport, psychologie et bien-être.

Est-ce qu’elle parle d’autres langues?
Oui, elle parle couramment l’allemand, l’anglais et le français, et apprend actuellement l’arabe pour mieux communiquer avec sa famille.

Pourquoi n’a-t-elle pas de contrat de sponsoring majeur?
Elle préfère rester fidèle à son club et à ses racines plutôt que de céder aux pressions commerciales. Elle considère que son image ne doit pas être vendue.